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8 octobre: les faits

Posté par Stefan le Lun, 2008-11-03 11:09.

Il y a quelques mois, un groupe d'étudiants et étudiantes membres du MER a amené l'idée d'organiser une activité politique au cégep Lionel-Groulx à partir de la date historique du 8 octobre, qui marquait le 40e anniversaire des occupations étudiantes de 1968.

 

Il a toujours été clair que cette activité était un rassemblement politique de débats, ateliers, kiosques et activités culturelles. Rien de plus et rien de moins. Elle a été présentée comme telle partout dans les cégeps et universités (il suffit de regarder toutes les affiches et tracts distribués et de consulter le site de l’organisation 8octobre.wordpress.com)  et s'est déroulée aussi comme prévue.  Plus de 125 étudiant-e-s de différents cégeps et universités sont venu-e-s discuter sur les terrains du cégep de 17h à 19h tout à fait pacifiquement.

 

Bon cela dit, pourquoi le Collège a-t-il fermé ses portes?  Est-ce vraiment parce que la      direction croyait vraiment notre sécurité mise en danger comme elle l’indiquait dans son communiqué (communiqué qui a bizarrement disparu du site internet le jour d’après alors qu’on retrouve encore de vieux communiqués)?  Non! À preuve, le CPE (centre de la petite enfance) sur le terrain du cégep est demeuré ouvert.  Si les petits bouts-de-choux de 3 ans pouvaient assumer la " menace " qui allait déferler au cégep, que dire des plus grands et grandes.  Pire encore, le déploiement policier s’est terminé à 9h,  donc si il faut en croire les faits, la menace se terminait à 9h…

 

24 heures avant le 8 octobre, un informateur anonyme laisse un message : le cégep sera fermé!

 

Revenons dans le temps pour démontrer comment le Collège a monté un scénario de film d’espionnage pour mystifier les étudiant-e-s et, malheureusement un peu la presse aussi.

 

Mardi matin, nous avons un message d'un informateur anonyme (nous avons fait écouter le message à des personnes au dessus de tout soupçon dans la matinée du 7 octobre) qui disait en substance : La directrice veut fermer le Collège, 1) elle jongle avec l'idée depuis deux semaines. Aujourd'hui (mardi le 7 oct.) 2) le conseil d'administration va être déplacé vers le Hilton de Laval sous un faux prétexte i.e. que la salle du conseil aurait des problèmes techniques (la salle avait pourtant été utilisée toute la journée par les universités) et 3) que la  directrice avait l’intention de fermer le cégep le lendemain matin, seuls les cadres étaient dans le secret.

 

Que faire avec un message anonyme, ON AURAIT BIEN VOULU faire circuler l’information, mais il fallait attendre que les faits viennent le confirmer.  Effectivement en fin d'après midi, les représentant-e-s étudiant-e-s du CA reçoivent un appel leur indiquant que le conseil était déplacé au Hilton. Au conseil, la directrice n’avisera aucun des membres de son intention de fermer le cégep. Le lendemain, le cégep était fermé…

 

L’administration change les faits

 

Le comité du 8 octobre local a rencontré la direction à plusieurs reprises. Le comité a fait la demande pour avoir le carrefour étudiant et quelques classes pour les ateliers.  Le directeur lors de ces réunions a exigé des réponses à des questions complètement farfelues. Par exemple il nous a demandé : « Qu'allez-vous faire si 30 000 personnes débarquent au cégep? »  Le directeur demandait aussi d’avoir tous les noms de tous les participants..., « Je veux savoir le contenu de tous les ateliers et qui va y participer, ce que vous allez mangez etc. »  Que vouliez-vous qu’on réponde à cela?  Naturellement, comme le comité était composé d’étudiant-e-s nouvellement arrivé au cégep, ceux-ci et celles-ci ont pris au sérieux ces réunions pensant en arriver à une entente.

 

Le Collège n'a jamais formellement interdit l'activité. Même qu'il avait prévu de nous rencontrer selon leurs propres termes « dans un endroit neutre » (courriel du 7 octobre en fin d’après-midi) pour nous donner une réponse aux demandes associées à l’événement le mercredi le 8 octobre. Cette réunion devait se dérouler à 9h30  alors que l’administration savait très bien que le cégep serait déjà fermé depuis  plusieurs heures!!!!!

 

La journée du 8 octobre

 

Selon ce que nous avons comme informations, il n'y avait que les cadres qui savaient que le Collège serait fermé mercredi. Le matin du 8 octobre, des cadres se sont répartis la liste des coordonnateurs afin de les aviser de cette décision (il est autour de 6 heures du matin). Le message est diffusé à la radio et sur colnet (avec, comme il se doit, une distorsion des faits). On assiste par la suite à un imposant déploiement de policiers et gardiens de sécurité autour du cégep, qui causera un bouchon de circulation monstre dans la petite localité de Ste-Thérèse et en causant de nombreux désagréments aux étudiant-e-s, personnel du Collège et habitant-e-s de la ville. Pire encore, les autobus ont été détournés pour empêcher les étudiant-e-s de venir au Collège.

 

Toute la journée, la police circule autour en attente de la menace appréhendée, menace qui ne se matérialisera jamais.  Le Collège, hypocritement vient nous offrir à 11h le gymnase sud alors qu'il a foutu tout le monde dehors????  Non merci, on refuse! 

 

Quand le Collège dit dans son communiqué qu’il a offert le gymnase sud, il oublie que son offre il l’a fait alors qu’il avait vidé complètement le cégep.  Et la supposé menace  de bris et de grabuge?

 

En soirée, une assemblée se déroulera sur le terrain du Collège, le mausolée de Charles-Joseph Ducharme servant de tribune, de 18h30 à 20h30 en présence d'une centaine de personnes. Sans manifestation, ni émeute, ni grabuge, ni alcool, etc.

 

Quelques corrections

 

Ce n’est pas l’association étudiante qui organisait le 8 octobre mais le comité du 8 octobre révolutionnaire. Au niveau local, il y avait aussi un comité du 8 octobre composé d'une dizaine d'étudiants et étudiantes du Collège qui souhaitaient aider à l’organisation logistique de l’événement.

 

Quand à l'Association des Étudiants et Étudiantes du Collège Lionel-Groulx (AGEECLG) elle n’a pas joué le rôle que lui confère le communiqué du cégep. L’Association a tout simplement appuyé le comité et l’idée de l'événement car elle y a vu une occasion pour les jeunes d'aujourd'hui de s'approprier la politique à leur manière, au delà du contexte électoral, d'occuper politiquement,  i.e. par leur simple présence et les débats qui s'y auraient faits, un espace libre et disponible dans une institution qui se veut publique.

 

Quant à l’amalgame qui est fait entre les événements qui se sont produits au Vieux-Montréal,  à l’UQAM et le 8 octobre, cela ne tient tout simplement pas la route et l’argument ne sert qu’à installer un climat de peur et de suspicions sur toutes les activités non avalisée par les administrations de cégeps.  On veut nous amener à adhérer à cette logique infantilisante où tout ce qui est « bon » pour les étudiant-e-s est étampé par le Collège et tout ce qui est « mauvais » ne l’est pas. 

 

L'administration du Collège Lionel-Groulx, sans raison justifiée selon nous, a décidé de bafouer le droit à la liberté d'expression dans un établissement d'éducation et d'ouverture intellectuelle.

 



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